Ce blog retrace notre circuit de dix jours en mai 2008, de Los Angeles à San Francisco, via Las Vegas et les parcs nationaux de l'ouest américain.

Toutes les photos sont en ligne > Album photo. L'écriture des articles est maintenant terminée. Et, suivant le principe des blogs, ils sont dans l'ordre inversement chronologique. Pour commencer votre lecture, allez directement au début, puis parcourez les messages plus récents. Et revenez régulièrement car vous n'allez pas tout lire en une fois !

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1906 : le tremblement de terre de San Francisco  

Mercredi 18 avril 1906, 5h12

Petit village en 1848, c’est à la ruée vers l’or que San Francisco doit son expansion. Deux ans plus tard, la ville compte déjà 50 000 habitants. En 1906, elle est devenue la neuvième métropole des États-Unis avec près de 400 000 habitants. C’est alors une ville moderne et élégante qui est devenue un véritable centre culturel.

Cette cité en plein essor va être totalement détruite le 18 avril 1906 à 5h35 du matin. Le séisme principal a eu lieu à 5h12. Son épicentre se situait à 12 km à l'ouest de San Francisco, le long de la faille de San Andreas.

Les secousses furent ressenties de l'Oregon à Los Angeles, et à l'intérieur des terres jusqu'au centre du Nevada. Le tremblement de terre et l'incendie qui en résulta restent à ce jour parmi les plus grandes catastrophes naturelles ayant touché une grande ville américaine.

Mais ce séisme d’une ampleur de 8,2 sur l’échelle de Richter n’est pas la véritable cause de la catastrophe. A cette époque, les maisons sont faites majoritairement en bois. Le vrai responsable des nombreux morts est l’immense incendie qui ravagea la ville. Seulement une demi-heure après la première secousse, on recense déjà 50 foyers d’incendie. Le feu a fait rage pendant 2 jours sous le regard impuissant des pompiers.

  • La destruction d'une métropole américaine

En 1906, San Francisco est une cité en plein essor. Ville-champignon née un demi-siècle plus tôt de la ruée vers l'or, elle est devenue à cette date la grande métropole de la côte ouest des États-Unis. Mais, le 18 avril, à 5h35 du matin, une secousse sismique d'une ampleur considérable l'ébranle et provoque un gigantesque incendie qui la détruit presque entièrement.

Bientôt reconstruite, la ville reste aujourd'hui sous la menace permanente de la grande faille de San Andreas, au cœur d'une des régions les plus instables du monde.

  • Une fière cité

C'est à l'or que San Francisco doit sa fortune. Découvert en 1848, l'année même où le Mexique cède la Californie aux États-Unis, le métal précieux que recèlent les montagnes Rocheuses provoque une véritable ruée vers l'Ouest. Petit village en 1848, San Francisco est déjà une cité de 50 000 habitants deux ans plus tard. En 1906, devenue neuvième métropole des États-Unis avec 400 000 habitants — presque la moitié de la population californienne —, cette ville moderne et élégante, dont la moitié des habitants ne sont pas nés en Californie, vit de bien autre chose que de l'orpaillage ou de l'exploitation des mines.


Après le tremblement de terre de San Francisco (1906) - Vues prises depuis un véhicule en mouvement sur Market Street Est (1'40).


Fière de ses 20 théâtres et de son Opéra, elle l'est plus encore de son quartier d'affaires, où banques et maisons de commerce prospèrent à l'ombre du grand hôtel de ville récemment construit. Or, c'est ce quartier d'affaires, symbole du dynamisme de la cité, qui se trouve totalement détruit par le gigantesque incendie d'avril 1906. En effet, beaucoup plus que le tremblement de terre proprement dit, qui, malgré son amplitude de 8,2 degrés sur l'échelle de Richter, qui en compte 9, fait peu de victimes dans une ville où les constructions sont encore majoritairement en bois, c'est l'incendie qu'il provoque qui déclenche la véritable catastrophe.

  • Un gigantesque incendie


Pour certains, ce sont les étincelles échappées des fils de tramway tombés sur le sol après la secousse, pour d'autres, ce sont les lampes à pétrole renversées qui sont à l'origine des flammes : dans une ville où le principal matériau de construction est hautement combustible, mille raisons peuvent expliquer le début de l'incendie. Une demi-heure après la secousse, en tout cas, on recense déjà 50 foyers d'incendie. Le feu fait rage ensuite deux jours durant, ravageant la moitié de la ville, tuant 450 personnes, en chassant 200 000 autres de chez elles.

Faute d'eau — les canalisations ont été rompues lors de la secousse sismique —, les autorités ne peuvent rien : les pompiers assistent à peu près impuissants à l'incendie, l'administration se contente de loger provisoirement les sans-abri dans des tentes installées en hâte dans le grand parc de la ville. L'armée, dans ces conditions, prend les choses en main. Le chef de la garnison, le commandant Funston, décrète la loi martiale et ordonne de tirer à vue sur les pillards qui voudraient profiter de la panique générale. Face à l'incapacité des pompiers, le même homme décide le dynamitage à grande échelle des bâtiments pour sauver les quartiers encore non touchés. En quelques heures, les habitants voient disparaître la plus belle artère de la ville, Van Ness Avenue, dont les façades faisaient leur orgueil. Ce sacrifice permet de protéger l'ouest de la ville, mais les quartiers est, de part et d'autre de Market Street, sont la proie des flammes : les quais et les entrepôts sur la baie, le quartier d'affaires ainsi que le quartier chinois sont totalement détruits.


Images du tremblement de terre de San Francisco (9'50).


  • Reconstruction et menace permanente

Les habitants ont à cœur d'effacer rapidement le souvenir du cataclysme. À peine un mois plus tard, le plus célèbre citoyen de la ville, William Randolph Hearst (le magnat de la presse dont s'est inspiré le cinéaste Orson Welles pour son film Citizen Kane), fait venir Sarah Bernhardt : l'actrice française joue Adrienne Lecouvreur dans le théâtre en plein air de Berkeley. La ville, reconstruite rapidement, est encore plus belle. Les nouvelles techniques de construction associant le béton et l'acier permettent de concevoir une cité entièrement nouvelle, faite de gratte-ciel.



À l'été de 1915, l'ouverture du canal de Panama est l'occasion d'organiser une grande exposition : 19 millions de visiteurs viennent alors admirer San Francisco remise à neuf. Malgré cela, aujourd'hui encore, la catastrophe de 1906 occupe une grande place dans la mémoire collective des habitants de San Francisco. Comme, avant elle, Lisbonne en 1755 ou, après elle, Tokyo en 1923, San Francisco est entrée dans la catégorie des villes martyres des tremblements de terre. Certains vont jusqu'à attribuer à la menace constante de nouveaux séismes le caractère insouciant et fantasque d'une ville dont l'atmosphère est aujourd'hui unique aux États-Unis.


La première séquence (Western Addition) montre ici de nombreux détails évocateurs d'un quartier, il y a cent ans. Le reste est tourné à l'Ouest sur Market Street (7'44)


  • La faille de San Andreas

Rectiligne sur près de 1 000 kilomètres, du nord de la baie de San Francisco au désert de Mojave, la grande faille de San Andreas fait planer une menace permanente sur la Californie. Elle correspond au contact des plaques du Pacifique et d'Amérique du Nord. Au lieu de s'enfoncer l'une sous l'autre, comme c'est généralement le cas ailleurs, ces deux plaques frottent de manière latérale.

Celle du Pacifique descend vers le sud et celle d'Amérique remonte vers le nord. Ces frottements sont à l'origine d'une instabilité sismique aussi permanente autour de San Francisco. Les sismologues ont pu évaluer qu'un tremblement de terre majeur se produisait à peu près tous les 80 ans. Avec une étonnante régularité, San Francisco a connu un nouveau séisme en 1986 (de force 7), puis à nouveau en 1989 (de force 6). Si les gratte-ciel n'ont pas bougé, grâce à leur conception antisismique, l'écroulement d'un pont a causé la mort de 50 personnes en 1989 et allumé des incendies dont l'absence de vent ce jour-là a heureusement empêché la propagation.

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Les sources de l'article, des photos et vidéos et bien d'autres informations sont disponibles sur les sites suivants, parmi quelques exemples :
Et, en bonus, pour celles et ceux qui m'ont lu jusqu'ici, un film de 46 minutes, comprenant des séquences historiques spectaculaires, des animations colorées, et des entretiens avec les experts du tremblement de terre. Shock Waves [En] a été reconnu comme un remarquable documentaire au Telly Awards 2006 et a été nominé pour un Emmy.

San Francisco : goélands et lions de mer  

Mardi 20 mai 2008, 15 heures

Cette petite croisière sur la baie était, ma foi, fort agréable. Surtout, et je le répète, quand on a la chance de "voir" quelque chose, comme aujourd'hui. C'est-à-dire, lorsqu'il n'y a pas ce fameux brouillard caractéristique qui recouvre et la baie, et le Golden Gate et la ville en général !

Vous avez dû remarquer, il y avait juste un tout petit nuage sur le haut d'une des tours du pont, pour faire joli sur la photo.

Qu'il soit de Californie ou d'Audubon, ce goéland nous souhaite la bienvenue

Il y a environ 100 jours de brouillard sur la péninsule pendant l'année, principalement pendant l'été et au début de l'automne. Je vous le disais, il ne fait jamais très chaud à San Francisco : la température moyenne annuelle est d'environ 14°C, tandis que le maximum relevé est de 20°C en septembre/octobre.

Hervé nous octroie une vingtaine de minutes avant de reprendre le bus. Il y a beaucoup à voir dans le quartier.

Une carriole devant la boulangerie Boudin

Tiens, par exemple la célèbre boulangerie Boudin. Sans être chauvins [quoique, parfois, on se demande], vous serez sans doute intéressés d'apprendre qu'elle a été fondée tout juste cent ans avant ma naissance par un bourguignon nommé Isidore Boudin. Oui, je sais, ce n'était pas gagné avec un nom pareil...

Et pourtant, avec son savoir-faire, au moment de la ruée vers l'or, comme il fallait bien nourrir tous ces chercheurs affamés qui affluaient de partout, son affaire a tout de suite été prospère. Et puis, sa spécialité, justement, à Isidore, c'était le pain au levain, authentique recette française qu'il tenait de ses parents ! Avec un peu plus de temps, vous pourrez visiter le musée ouvert tous les après-midis. Sachez que c'est toujours les mêmes levures et surtout un peu de la pâte d'origine qui sont utilisées quotidiennement pour cet "Original San Francisco Sourdough French Bread".

La colonie de lions de mer [Zalophus californianus]

Sur les quais, on aperçoit bien évidemment de nombreuses mouettes... Euh, pardon on dit des goélands, car paraît-il, il n'y a que les Français pour nommer cela des mouettes. Ce sont des goélands de Californie [Larus californicus] et tout le long des quais, il y en a quelques-uns qui prennent la pose.

Mais par ici, il y a aussi une autre spécialité, j'ai nommé les otaries, ou toujours pour être plus précis, les lions de mer. Ces pinnipèdes ont pris l'habitude voilà quelques années de squatter les pontons du Pier 39. Si bien que les autorités ont décidés d'interdire l'accès aux bateaux à cet endroit ! Impossible de les rater, surtout quand on les entend aboyer en se disputant une place au soleil...

Il reste quelques places pour les goélands !

Les premiers lions de mer sont arrivés en janvier 1990, en fait, quelques mois après le tremblement de terre de 1989. Au début, ils n'étaient que quelques dizaines, mais comme ils trouvaient ici de la nourriture en abondance, et surtout parce qu'ils étaient protégés, on en a très vite dénombrés 300 quelques mois plus tard.

Les otaries de Californie se prélassant au soleil

En hiver, il y en aurait pas loin de mille, dont la plupart sont des mâles. En été, une grande partie migre au sud vers les îles Channel, au large de Los Angeles, pour la saison de reproduction. Mais il en reste toujours un bon petit groupe qui sont bien entendu une des attractions locales, pour ne pas dire les mascottes du Pier 39.

Cet artiste de rue est, n'en doutons pas, très... brillant !

Ce petit intermède m'a permis de vous présenter quelques représentants de la faune aperçus aux abords de Fisherman's Wharf. Ils vivent en toute liberté dans ce quartier et font la joie des touristes et des... photographes. Bon, je vous l'accorde, les chevaux sont en bonus, mais bien présents, eux aussi... pour le plaisir des visiteurs, j'imagine !

Et déjà, il est l'heure de poursuivre notre visite de la ville !

Non, non, soyons sérieux, nous ne tiendrons pas tous dans cette calèche. La balade doit être sans doute bien sympathique, mais je vous laisse la place.

Les chevaux vapeur, eux, ronronnent déjà lorsque nous prenons place dans le bus.
Allez, hop, on y va ! Everybody ? Go !

La baie de San Francisco  

Mardi 20 mai 2008, 14 heures


Une petite croisière sur la baie de San Francisco, cela vous tente ? Suivez-moi à bord du Harbor Queen, portant pavillon de la Red and White Fleet. N'oubliez pas votre petite laine, même par grand soleil, car il y a toujours une bonne petite brise marine, sans compter les embruns. Et bien entendu, ouvrez grands vos yeux, et mémorisez tout cela (neurones et numériques sont fortement conseillés). Sur les oreilles, vous aurez à disposition un casque avec le lecteur qui va bien. Il vous permet, en huit langues, d'avoir toutes les informations utiles et les explications historiques nécessaires. J'avoue, je n'ai sans doute pas tout retenu... alors je vais vous faire un petit résumé.

Sous le Golden Gate Bridge

Ainsi, si vous ne vous en souvenez pas, vous apprendrez que la baie est longue d'environ 80 à 100 km du nord au sud et large de 5 à 20 km d'est en ouest. C'est un estuaire peu profond, qui rejoint l'océan Pacifique par le chenal du Golden Gate s'étendant du nord au sud parallèlement à la côte. La baie draine les fleuves Sacramento et San Joaquin prenant leur source dans la Sierra Nevada avant de se jeter dans l'océan Pacifique. En fait, ces deux fleuves débouchent dans la baie Suisun, puis dans le détroit de Carquinez et rejoignent la Napa River à l'entrée de la baie de San Pablo.

C'est un peu compliqué, non ? Alors, vous serez heureux d'apprendre que, pour simplifier, on appelle cet ensemble la "baie de San Francisco", tout simplement. Et on dira que sa superficie est d'environ 4 000 km², toujours dans un souci de simplification.

San Francisco vue depuis la baie

En une heure, nous allons faire route vers le Golden Gate Bridge, puis après avoir fait un large demi-tour, nous contournons l'île d'Alcatraz. Ce court diaporama vous en donne un petit aperçu. Et vous avez toujours aussi la possibilité de cliquer sur la légende de chacune des photos illustrant les articles.



[télécharger la vidéo ici]

Ah, le Golden Gate Bridge ! Le symbole même de San Francisco, bien sûr ! A ne pas confondre avec le Bay Bridge, surtout. Il est en effet très aisément reconnaissable par sa couleur dite "orange international" et par l’architecture de ses deux tours, reliée par deux câbles d'un mètre de diamètre.

Le Pont de la Porte d'Or relie la pointe nord de la péninsule de SF à la ville de Sausalito, située à la pointe sud de la péninsule du Comté de Marin. C'est un pont suspendu ancré au sol, ouvert à la circulation autoroutière, mais aussi aux cyclistes et aux piétons. Sachez qu'il fait 2,6 kilomètres de long, soit une bonne trentaine de minutes en faisant son jogging.

Al Capone a séjourné à Alcatraz

On aperçoit de nombreux pélicans en vol. Tiens, justement, le nom de l'île que l'on aperçoit maintenant vient de l'espagnol, alcatraces (étranges oiseaux, pélicans).

L'île d'Alcatraz a également sa réputation bien particulière. Nommée aussi The Rock, elle est située face au Wharf. Forteresse militaire en 1850, puis prison militaire en 1909, elle devient prison fédérale de haute sécurité en 1934 et ce, jusqu'en 1963. Ses murs, dont on ne s'échappait pas, ont connu par exemple un certain Al Capone. Il en a été un des premiers occupants.

L'île d'Alcatraz, prison fédérale de 1934 à 1963

Pour la petite histoire, 14 tentatives regroupant 36 détenus ont eu lieu en 29 ans. Officiellement, aucun détenu n'est jamais parvenu à s'évader vraiment d'Alcatraz en rejoignant le continent, souvent emportés par les courants marins froids et contraires. Cinq prisonniers ne furent jamais retrouvés, et ont été considérés comme disparus et présumés noyés.

Maintenant c'est un site historique qui se visite.

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Vue depuis Twin Peaks - Transamerica Pyramid (à gauche), Market Street (à droite)